TRADUCTION

Affichage des articles dont le libellé est CMT Matanda. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CMT Matanda. Afficher tous les articles

lundi 20 mai 2013

INAUGURATION DU CENTRE DE SANTE DE MATANDA.


On se rappelle encore : après une quinzaine d’années d’absence due principalement au problème d’insécurité récurrente, les sœurs carmélites missionnaires thérésiennes ont fait leur retour à Matanda en la fête de Saint Joseph (19 mars) de l’année passée. Même si cette région, pour l’instant, bénéficie d’une paix apparente et fragile, les sœurs missionnaires ont tenu à y rester pour travailler avec le peuple de Dieu de cette contrée. Comme apostolat, elles s’occupent, entre autre,  du centre de santé.


Trouvé dans un état de délabrement avancé, il a fallu avant toute chose réhabiliter le centre de santé pour que cet apostolat auprès des malades soit effectif. Après presqu’un an des travaux de réfection, le centre de santé a revêtu sa plus belle robe et est prêt a recevoir les patients. Mais avant l’emploi, il n’était pas superflu de rendre grâce au Seigneur pour ses bienfaits. 
















C’est dans cet ordre d’idée qu’une messe d’action de grâce, présidée par l’évêque du Diocèse de Goma, Monseigneur Théophile Kaboy a été dite le mercredi 15 mai 2013 à 8h30. Aux côtés de l’ordinaire de lieu, quatre prêtres pour la concélébration. Parmi eux, Monsieur l’Abbé Oswald, le Directeur de Caritas Goma.


Les élèves de  l’école secondaire de Matanda n’étaient pas en reste. Ils ont pris une part active dans cette célébration par les chants liturgiques. Bien que ce jour soit ouvrable, beaucoup de fidèles ont laissé de côté leurs travaux champêtres pour répondre présents à cette cérémonie d’inauguration.
















La proclamation de l’évangile terminée, Monseigneur Théophile a commencé son homélie par cette parole de l’évangéliste Saint Jean inscrite sur le mur de l’Eglise paroissiale: “WAWE NA UZIMA, WAWE NA UZIMA TELE”. « QU’ILS AIENT LA VIE EN ABONDANCE » (Jean 10). En style télégraphique, voici quelques extraits de l’homélie du Pasteur du Diocèse de Goma :


« Le centre de santé que nous allons inaugurer aujourd’hui est un cadeau de Dieu, un don précieux de l’Esprit (que nous allons recevoir le dimanche de la Pentecôte). Nous devons rendre grâce à Dieu pour ce merveilleux cadeau, qui est non seulement pour les chrétiens de Matanda mais aussi pour tous les enfants de Dieu sans distinction de religions, habitant Matanda et aux alentours de ce village.
Nous devons également rendre grâce à Dieu  et remercier la Caritas Goma, représentée par son directeur, pour l’aide qu’elle a apportée à la population de Matanda. Appuyée par Caritas Luxembourg, elle a soutenu  et financé cette œuvre de Dieu. Nous ne pouvons pas oublier  la présence des Prêtres et des Carmélites Missionnaires Thérésiennes de cette paroisse qui, par leur sacrifice et efforts, collaborent à cette œuvre apostolique. C’est aussi  un don de Dieu !
Je profite de cette occasion pour  exhorter la population en leur demandant de protéger, de soigner, d’entretenir ce centre de santé.
L’inauguration de ce centre est un point de départ radieux malgré la guerre et l’insécurité qui nous guettent  sans cesse. Toutefois, nous devons savoir que Dieu ne nous oublie pas. « LA GUERRE N’AURA JAMAIS LE DERNIER MOT »

Après la messe, toute l’assemblée s’est dirigée vers le centre de santé pour assister à la cérémonie de la coupure du ruban symbolique et de la bénédiction des bâtiments réhabilités par Monseigneur Théophile Kaboy. 
















Ici aussi, l’évêque diocèse de Goma a pris la parole pour un mot de remerciement à l’endroit des bienfaiteurs. 

Prenant la parole, à son tour, Monsieur L’abbé Oswald, directeur de la Caritas Goma, a remercié Monseigneur Kaboy pour son appui aux œuvres de Caritas et pour avoir pris le problème de santé communautaire comme une de ses priorités depuis son intronisation comme pasteur de ce diocèse. Il a également remercié les prêtres et les Carmélites Missionnaires Thérésiennes qui, grâce à leur mobilisation,  les chrétiens  ont participé localement  en apportant du sable et des pierres pour la construction du centre de santé.
















Il a terminé son mot de remerciement par un appel lancé en direction du personnel soignant, les invitant au sens de responsabilité et à la conscience professionnelle. Le directeur de la Caritas Goma est parti d’un constat : partout ailleurs, a-t-il renchérit, on remarque de plus en plus,  dans beaucoup  de structures sanitaires, une baisse  de motivation. Son vœu est qu’il n’en soit pas ainsi pour le personnel de ce centre de santé.















Dans la délégation des personnes venues de Goma, signalons la présence discrète de Monsieur  Roger, coordinateur de Bureau Diocésain des Œuvres Médicales.
Cette cérémonie de l’inauguration de ce centre de santé a été clôturée par un partage d’un repas fraternel.

De retour de Matanda,
Sœur Marie-Delphine, cmt


mercredi 9 mai 2012

MATANDA/ REP DEM DU CONGO


L’insécurité refait surface au Nord-Kivu :
Les Carmélites Missionnaires Thérésiennes de Matanda réfugiées à Goma

Soeur Irène de la PAIX

On se rappelle encore : C’était le 29 décembre 2011, à la clôture du bicentenaire de notre Père Fondateur, le bienheureux Francisco Palau, que la Sœur Beata, notre provinciale, avait annoncé le retour des carmélites missionnaires thérésienne à la mission de Matanda, après 15 ans d’absence causée principalement par les guerres à répétition dans cette partie du Nord Kivu. Contre toute attente, les sœurs sont obligées momentanément de plier bagage un mois seulement après leur installation  à Matanda. Les mêmes causes ont reproduit les mêmes effets : de nouveau l’insécurité est au rendez-vous. Qui l’eût cru ?

Le retour des carmélites missionnaires thérésiennes à Matanda a été obtenu après beaucoup de tractations avec l’évêque du lieu et la demande répétée de la population du village de Matanda. Après avoir étudié et approfondi cette demande, notre maison généralice a donné son aval pour ce retour car disait-on la pacification du pays est chose faite et toute les assurances nous étaient données.
La nouvelle communauté constituée de quatre sœurs a été installée officiellement en la solennité de Saint Joseph, le 19 mars 2012. 
Déjà, les quelques projets étaient en cours de réalisation : réfection des bâtiments du couvent longtemps abandonnés et la réhabilitation du dispensaire.

Un mois seulement après les débuts des travaux, l’insécurité a encore refait surface. Et pour cause : La haute cour militaire congolaise serait à la recherche d’un général poursuivi par la cour pénale internationale pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Le présumé général coupable serait, selon les dires, retranché dans le village de Mushaki, à quelques kilomètres de Matanda.
A l’heure actuelle, c’est la panique générale et totale qui sévit dans ce coin de la province du Nord-Kivu. Un afflux de la population fuyant les combats est signalé vers la ville Goma et de ses environs.
Le salut des religieuses carmélites missionnaires thérésienne s’est trouvé dans le retrait stratégique vers Goma, abandonnant sans le vouloir la population qui les avait pourtant accueillies à cœur ouvert.
Comme Saint Joseph, patron de leur communauté, elles ont quitté précipitamment Matanda, avec le strict nécessaire, pour trouver refuge dans la communauté Marie, Mère de l’Eglise. 

Ces événements se passent une semaine seulement après que cette communauté ait reçu la visite des sœurs vicaire générale et de l’économe générale, visite que les avait réconforté à poursuivre l’œuvre missionnaire à Matanda.

0=0=0=0=0=0=0=0=0=0=0=0
Récit des événements
Arrivées à Goma vers 17 heures 30 locales  de ce dimanche 29 avril 2012, les sœurs sont visiblement traumatisées, stressées, terrorisées, craintives et toutes  tremblantes. Elles ont rassemblé leurs forces  pour raconter ce qu’elles ont vu et entendu dans ce récit :
 Tout a commencé le vendredi 20 avril avec l’affrontement armé à Rubaya. Dans la même semaine, l'insécurité régnait Déjà à Masisi. Le  lundi 23 avril, on entendait des détonations d’armes lourdes et légères qui signalaient les affrontements entre les combattants fidèles au général recherché par la haute cour militaire congolaise et les militaires de l’armée régulière à Rubaya et Bihambwe, deux villages voisins de Matanda où nous travaillons comme missionnaires.
Premier signe avant coureur : un afflux des refugiés venant de Nyakajanga s'entassent à la paroisse de Matanda.
Au cours de ces affrontements, on nous a rapporté un bilan provisoire de quatre militaires tués du côté des insurgés et de deux de l’armée régulière. On note aussi plusieurs violences sexuelles et  agressions sans oublier le pillage systématique de la fromagerie d’Osso. 

Le dimanche 29 avril, les combattants fidèles au général poursuivi ont finalement pris le dessus en occupant le village de Mushaki, à une heure de notre couvent. La population commençait déjà à quitter l’endroit pour se diriger vers Sake et Goma.
Plusieurs personnes nous ont conseillé  de quitter Matanda mais nous  n'arrivions pas à nous décider parce que les prêtres de la paroisse étaient tranquilles et nous disaient qu'il n'y avait rien de grave. Entre-temps, notre chauffeur était introuvable. Nous avons fait appel  au commandant de la police de Matanda pour nous aider à trouver un chauffeur. Dieu merci,  un chauffeur volontaire s’est présenté et nous a  amené jusqu'à Goma où nous sommes arrivées à 17h30.
Après notre sortie, il n'était plus possible de passer à Mushaki car la route était barricadée et vers 19h00, il était difficile de joindre les prêtres de la Paroisse de Matanda. Jusqu'à 18h, on communiquait difficilement avec Matanda, le réseau téléphonique était pratiquement brouillé.

En nous voyant partir vers Goma, indépendamment de notre très bonne volonté, la population de Matanda n'a pas caché sa désolation. Les larmes aux yeux, les bras et les yeux levés au ciel, la population qui nous avait accueillies il y a un mois, criait de toutes ses forces : " qu'avons-nous fait pour être ainsi maudit? Comme les sœurs quittent la paroisse, donc c'est sérieux. C'est sûr qu'elles ne reviendront plus, qu'allons nous devenir? Nous savons ce qui nous attend...que le Seigneur aie  pitié de nous...la présence des sœurs nous réconfortait déjà et nous redonnait beaucoup d'espoir..."
Tous ces cris de détresses résonnent encore dans nos cœurs et nos oreilles, mais nous étions obligées de replier stratégiquement vers Goma par la force des événements. Le lendemain était incertain. La malheureuse expérience d’il y a 15 ans est vite revenue.
Depuis Goma, nous suivons l’évolution des événements et plus particulièrement la situation de notre chère mission de Matanda. Nous prions Marie, Notre Dame de la Paix pour nos frères et sœurs qui sont restés dans cette « zone rouge » et nous prions instamment les autorités du pays de faire tout ce qui est à leur pouvoir pour pacifier ce coin du pays qui ne mérite pas ce calvaire.